Réponse détaillée à Al-albânî
La Contrainte du sot innovateur sur la possibilité de prendre pour intermédiaire le Prophète par la Réfutation d’al-Albani
Par son éminence le Sheykh Abdellah Ibn As-seddîq Al-Ghumârî, surnommé le Bukhârî de son époque
(Le Muhaddîth et Faqîh lauréat de Al-Azhar d'Egypte et de la Qarawiyyîn de Fès.)
Au Nom d'Allah le clément, le miséricordieux,
Toutes les louanges reviennent à Allah, le Seigneur des Mondes.
Le dernier mot sera pour celui qui craint Allah, alors que le transgresseur ne récoltera que l'hostilité.
Que la Bénédiction et la Paix soient sur notre Maître Muhammad, ainsi que sa noble famille. Qu'Allah soit satisfait de ses Compagnons et de ceux qui l'ont suivi.
En résumé (dans ce traité), j'affirme que le Shaykh Al-Albani, qu'Allah le pardonne, est motivé par des objectifs et des désirs autres que ceux qu'il prétend se donner. Si dans ses lectures, il
rencontre un hadith ou un propos (d'un compagnon) (athar) qui ne s'accorde pas avec son point de vue, alors, il s'efforce de le considérer comme faible (da'if).
Par la ruse et les artifices, il essaie ensuite de faire croire à ses lecteurs que son point de vue est le bon; alors qu'il se trouve complètement dans l'erreur.
Il est plutôt un pécheur et un fraudeur. Par sa duplicité, il a réussi à égarer ceux qui lui faisaient confiance et qui pensaient qu'il était fiable.
Hamdi al-Salafi, qui est l'éditeur d'al-Mu'jam al-Kabir (de Tabarani), fait partie de ceux qui ont été égaré par sa faute.
Dans une note, il a eu l'audace de déclarer faible un hadith rigoureusement authentique, parce qu'il n'allait pas dans le sens de la doctrine de sa secte, et parce que son professeur avait su se
montrer persuasif.
La preuve est qu'il ne fait que recopier ce que son professeur (al-Albani) a écrit.
Au vue de la situation, je souhaitais présenter la vérité à propos de ce sujet et exposer la fausseté des allégations du l'égareur (Al-Albani) et de l'égaré (Hamdi al-Salafi).
Je ne dépends que d’Allah, Il est mon soutien et c'est vers Lui que je me tourne.
Hadith de l'homme aveugle
Al-Tabarani rapporte, dans son Mu'jam al-Kabir, la tradition suivante :
Selon Ibn Wahb qui cite Shabib, qui lui cite Rawh ibn al-Qasim, qui cite Abu Ja'far al-Khatami al-Madani, qui cite une parole d'Abu Umamah ibn Sahl ibn Hunayf, selon laquelle 'Uthman ibn Hanayf
rapporte:
"Un homme avait pour habitude de venir voir souvent 'Uthman Ibn 'Affan – qu'Allah l'agrée – pour lui faire part d'une requête, mais 'Uthman ne faisait pas attention à lui et ne s'occupait pas de
son problème.
Cet homme vint se plaindre alors à 'Uthman ibn Hunayf, qui lui donna un conseil: "Rends-toi dans la salle d'eau et fais tes ablutions, ensuite va à la mosquée, prie deux rak'ates, puis prononce
:
"
ô Allah, je Te demande et je m'adresse à Toi, par l'intermédiaire de notre Prophète Muhammad – que la Bénédiction et la Paix soient sur lui - , le Prophète de la
Miséricorde. ô Muhammad, je m'adresse par ton intermédiaire à mon Seigneur afin que ma demande soit exaucée."
Puis mentionne ta demande et reviens pour que je puisse venir avec toi (parler à 'Uthman ibn 'Affan)."
L'homme partit, fit ce que lui avait conseillé 'Uthman ibn Hunayf et retourna attendre à la porte de 'Uthman ibn 'Affan pour lui parler.
Le garde, qui surveillait la porte, le prit par la main et le fit asseoir sur le tapis auprès de 'Uthman ibn 'Affan qui lui demanda aussitôt : "De quoi as-tu besoin ?"
L'homme exposa sa situation et 'Uthman régla l'affaire sur le champ en s'excusant : "Je ne me souvenais plus de ce dont tu avais besoin jusqu'à maintenant."
Et il ajouta : "Reviens me voir si tu as d'autres soucis."
L'homme s'en alla. Sur le chemin, il croisa de nouveau 'Uthman ibn Hunayf et le remercia: "Qu'Allah te récompense, il n'aurait pas fait attention à moi et n'aurait pas pris en compte ma demande si
tu ne lui avais pas parlé."
'Uthman ibn Hunayf dit: "Je jure par Allah que je ne lui en ai pas parlé. En réalité, j'étais un jour avec le Messager d'Allah – que la Bénédiction et la Paix soient sur lui -, quand un homme
aveugle vint le trouver en se plaignant d'avoir perdu la vue. Le Prophète – que la Bénédiction et la Paix soient sur lui – lui demanda: "Pourquoi ne te résignes-tu pas ?"
L'homme répondit: "ô Messager d'Allah ! Je n'ai plus personne pour me guider et cela me cause beaucoup de difficultés."
Le Prophète – que la Bénédiction et la Paix sur lui – a répondu:
"Rends-toi dans la salle d'eau et fais tes ablutions, ensuite va à la mosquée, prie deux rak'ates, puis prononce cette invocation (rapportée ci-dessus)."
'Uthman ibn Hunayf a rajouté: "Par Allah, le groupe ne s'était pas encore dispersé et peu de temps s'était écoulé quand l'homme repartit comme s'il n'avait jamais été malade."
Opinion de Hamdi al-Salafi
Al-Tabarani considère cette parole attribuée à un Compagnon comme rigoureusement authentique (sahih), et pourtant Hamdi al-Salafi le contredit en écrivant:
"Il n'y a pas de doute sur l'authenticité de la deuxième partie du hadith (qui concerne l'histoire de l'homme aveugle), par contre, il y a un doute concernant la première partie de l'histoire (qui
concerne les recommandations que 'Uthman ibn Hunayf a faites à l'homme qui cherchait l'aide de 'Uthman ibn 'Affan) que les innovateurs (mubtadi'ah) utilisent pour légitimer la pratique hétérodoxe
d'utiliser le Prophète – que la Bénédiction et la Paix soient sur lui – comme intercesseur.
D'abord, comme al-Tabarani le mentionne, Shabib est le seul à rapporter ce hadith selon cette chaîne de transmission.
Ensuite la narration de Shabib ne serait pas mauvaise si deux conditions étaient remplies:
1.- C'est le fils de Shabib, Ahmad qui l' a rapporté de lui,
2.- la narration de Shabib vient de Yunus ibn Yazid.
Or, dans le cas présent, la narration de Shabib est rapportée par trois personnes: Ibn Wahb, Isma'il et Ahmad, les deux fils de Shabib.
Certains experts de la transmission du hadith de toute confiance ont critiqué les narrations de Ibn Wahb qui proviennent de Shabib, tout comme ils ont critiqué Shabib lui-même. En ce qui concerne
le fils de Shabib, Isma'il, il est inconnu.
Même si Ahmad rapporte aussi ce hadith de Shabib, ce n'est pas la narration de Shabib qui provient de Yunus ibn Yazid.
De plus, les experts en transmission (muhaddithun) sont en désaccord sur le texte rapporté par Ahmad (le fils de Shabib).
Ibn al-Sunni rapporte le hadith dans son 'Amal al-Yawm wa al-Layl et al-Hakim le rapporte avec trois chaînes de transmission, et aucune ne mentionne la première histoire (celle de la rencontre
entre 'Uthman ibn Hunayf et l'homme qui voulait voir 'Uthman ibn Affan).
Al-Hakim rapporte ce hadith avec comme chaîne 'Awn ibn 'Amarah qui le tenait de Rawh ibn al-Qasim.
Mon professeur Muhammad Nasir al-din al-Albani a écrit:
"Même si 'Awn est faible (da'if), sa version du hadith (sans la première histoire) reste préférable à celle de Shabib, car la version de Rawh est en accord avec celles de Shu'bah et de Hamad ibn
Salamah par l'intermédiaire de Abu Ja'far al-Khatmi."
(Fin de citation)
Réponses
Ce qu'affirme Hamdi (et al-Albani) est contestable et fallacieux à plusieurs titres.
1ère Remarque :
L'histoire de la rencontre entre 'Uthman ibn Hunayf et l'homme qui voulait voir 'Uthman ibn Affan est rapportée par al-Bayhaqi dans son Dala'il al-Nubuwah de la manière suivante :
Ya'qub ibn Sufyan a dit qu'Ahmad ibn Shabib ibn Sa'id lui a rapporté personnellement que son père lui avait rapporté selon Rawh ibn al-Qassim qui le tenait de Abu Ja'far al-Khatami selon Abu Usamah
ibn Sahl ibn Hunayf qu'un homme cherchait à voir 'Uthman ibn Affan,,, et il a mentionné l'histoire dans son intégralité.
Ya'qub ibn Sufyan est appelé aussi Abu Yusuf al-Fasawi (mort en 177 h.), le Hafiz, l'Imam, considéré comme absolument digne de confiance (al-thiqah), voire même encore plus que cela.
La chaîne de transmission de ce hadith est authentique, ce qui entraîne que l'histoire rapportée soit considérée comme authentique.
Par ailleurs, d'autres spécialistes (en hadith et en science des narrateurs) considèrent ce hadith comme rigoureusement authentique (sahih), par exemple:
- Al-Hafiz al-Mundhiri dans son Targhib wa al-Tarhib (volume 2, p. 606)
- Al-Hafiz al-Haytami dans son Majma' al-Zawa'id (volume 2, p. 179).
2ème Remarque :
Ahmad ibn Shabib fait partie des narrateurs sur lesquels s'appuie al-Boukhari.
Al-Boukhari rapporte des hadith provenant d'Ahmad ibn Shabib à la fois dans son Sahih et dans son Adab al-Mufrad.
Abu Hatim al-Razi le considère, lui aussi, comme digne de confiance (thiqah), et il rapporte ce hadith comme le fait aussi Abu Zur'ah.
Ibn 'Adi mentionne que les gens de Basra (c'est-à-dire les experts dans le hadith et sa critique) le considéraient comme digne de confiance (thiqah), et Ali al-Madini rapporte également le hadith
en question.
Le père de Ahmad, Shabib ibn Sa'id al-Tamimi al-Habati al-Basri est aussi un des narrateurs sur lesquels s'appuie al-Boukhari dans son Sahih et son Adab al-Mufrad.
Ceux qui considèrent Shabib comme digne de confiance incluent, entre autres : Abu Zur'ah, Abu Hatim, al-Nissa'i, al-Duhali, al-Daraqutni et al-Tabarani.
Abu Hatim rapporte que Shabib avait en sa possession les livres de Yunus ibn Yazid, et le considère comme parfaitement fiable (salih) dans sa transmission du hadith et qu'il n'y a rien ajouter
contre lui.
Ibn 'Adi a dit: "Shabib avait une copie du livre d'al-Zuhri. Il a en sa possession des hadiths bons que Yunus a transmis d'al-Zuhri."
Ibn al-Madini dit à propos de Shabib: "Il est digne de confiance (thiqah). Il avait pour habitude de voyager en Egypte pour le commerce. Son livre est authentique (sahih)."
Cette remarque porte sur l'authentification de (ta'dil) de Shabib (comme quelqu'un de fiable).
Comme chacun peut le constater, il n'est obligatoire que la narration provienne de Yunus ibn Yazid pour être authentique (sahih) (contrairement à ce qu'affirme Hamdi).
Au contraire, Ibn al-Madini affirme que son livre était authentique, alors que Ibn 'Adi se limite à traiter de la copie que Shabib possédait du livre de al-Zuhri, sans rien insinuer sur le reste de
la narration de Shabib.
Les allégations de al-Albani (qui affirme que les hadiths de Shabib seraient authentiques si la transmission était passée par Yunus ibn Yazid) sont donc une erreur et une entorse à la confiance
portée à la science et à la religion.
Tout cela est de plus corroboré par le fait que le hadith de l'homme aveugle a été déclaré authentique par les experts du hadith (huffaz), même si Shabib n'a pas rapporté ce hadith de Yunus comme
venant de Al-Zuhri mais plutôt comme venant de Rawh ibn al-Qâsim.
Par ailleurs, al-Albani prétend que, les versions rapportées par Ibn al-Sunni et al-Hakim ne contenant pas l'histoire de 'Uthman ibn Hunayf, elle est douteuse (da'if).
Voilà encore un exemple du jeu de dupes d'al-Albani. Les gens qui ont une certaine connaissance de la science du hadith savent très bien que certains transmetteurs peuvent rapporter un hadith dans
son intégralité, alors que d'autres peuvent choisir de ne transmettre qu'une version abrégée selon leur finalité.
Par exemple, al-Boukhari procède de la sorte dans son Sahih en mentionnant un hadith sous une forme abrégée tandis que d'autres rapporteurs en donnent la version complète.
De plus, dans la version du hadith rapporté par al-Bayhaqi, le rapporteur n'est autre que l'imam illustre Ya'qub ibn Soufyan.
A propos de lui, Abu Zur'ah al-Dimashqi écrit: "Deux hommes parmi les plus nobles de tous sont venus à nous. Ya'qub ibn Soufyan, qui est celui qui a le plus voyagé des deux, ne peut être comparé à
aucun savant parmi tout le peuple de l'Irak pour ses narrations."
En déclarant la narration de 'Awn, qui est faible, meilleure que la narration de ceux qui ont rapporté l'histoire de 'Uthman ibn Hunayf, al-Albani laisse voir un troisième aspect de sa duplicité et
de sa tromperie, car, al-Hakim, lorsqu'il rapporte le hadith de l'homme aveugle dans la version abrégée de 'Awn, ajoute:
"Shabib ibn Sa'id al-Habati a transmis le même hadith avec Rawh ibn al-Qasim comme rapporteur, avec une addition dans son texte (matn) et dans la chaîne de narration (isnad). Le choix de cette
transmission revient à Shabib, qui est entièrement fiable (thiqah) et digne de foi (ma'mun)."
Le point sur lequel insiste al-Hakim est connu par tous les experts dans la science du hadith (al-muhaddithun) et des bases de la jurisprudence (usul al-fiqh): les rajouts dans une version d'un
hadith rapportée par un transmetteur fiable sont acceptés (maqbulah), le transmetteur qui se souvient d'une version plus complète est considéré d'ailleurs meilleur que celui qui ne s'en souvient
pas.
3ème remarque
Al-Albani a bien lu la remarque d'al-Hakim, mais elle ne lui a pas plu. Il a donc préféré, de manière obstinée et malhonnête, se focaliser sur la supériorité de la version rapportée par 'Awn, qui
est en réalité faible.
Il a été prouvé que l'histoire de 'Uthman ibn Hunayf est rigoureusement authentique (sahih) malgré les essais manqués d'al-Albani pour la discréditer.
Cette histoire montre bien que la recherche de l'intercession du Prophète - que la Bénédiction et la Paix soient sur lui - après sa mort est possible.
La compréhension du transmetteur est significative de point de vue de la Loi Sacrée (shari'ah), car elle joue un rôle dans la manière de déduire (istinbat) les règles de la Loi Sacrée
(shari'ah).
Nous déduisons, en accord avec la compréhension du transmetteur, que 'Uthman ibn Hunayf, en enseignant à l'homme aveugle de rechercher l'intercession du Prophète, n'a fait que rapporter ce qu'il
avait entendu, comme le hadith l'établit clairement.
Ibn Abi Khaythamah déclare dans son Tarikh:
"Muslim ibn Ibrâhim m'a rapporté que Hammad ibn Salamah a dit:
Abu Ja'far al-Khatami m'a raconté que 'Amarah ibn Khuzaymah a rapporté de 'Uthman ibn Hunayf:
"Un homme aveugle est venu vers le Prophète et lui demandé: "J'ai perdu la vue. Prie Allah pour moi."
Il répondit: "Va et fais tes ablutions, ensuite prie deux cycles de prières (rak'ates), et prononce:
"ô Allah, je Te demande et je m'adresse à Toi, par l'intermédiaire de notre Prophète Muhammad – que la Bénédiction et la Paix soient sur lui - , le Prophète de la Miséricorde. ô Muhammad, je
m'adresse par ton intermédiaire à mon Seigneur afin que ma demande soit exaucée. ô Allah, accepte mon intercession pour moi-même et accepte l'intercession de mon Prophète, pour la guérison de ma
vue."
Si tu as un quelconque besoin, agis comme cela."
La chaîne de transmission (isnad) est rigoureusement authentique (sahih). La dernière partie confirme la permission expresse du Prophète de rechercher son intercession, quel que soit le besoin.
Faiblesses des positions d'Ibn Taymiyyah
Néanmoins, Ibn Taymiyyah a refusé la dernière partie du hadith, pour des motifs faibles, en argumentant qu'elle comprenait certains défauts techniques cachés ('illah) (qui affaiblissent
l'authenticité de la dernière partie du hadith). J'ai démontré par ailleurs l'invalidité de ses arguments[Dans le livre al-Radd al-Muhkam al-Matin 'alà al-Kitab al-Mubin (p. 142)].
Ibn Taymiyyah a pour caractéristique d'être vraiment audacieux lorsqu'il rejette les hadiths qui ne vont pas dans son sens, même s'ils sont reconnus par ailleurs comme authentique (sahih).
Un autre exemple est visible dans le cas suivant:
Al-Boukhari rapporte dans son Sahih la tradition suivante:
"Allah existait et rien n'était avec Lui."
Ce hadith est en accord avec les évidences tirées du Coran, de la sunnah, de la raison, et le consensus certifié (al-ijma' al-mutayaqqan).
Pourtant, comme cette tradition va à l'encontre de sa croyance dans l'éternité du monde, Ibn Taymiyyah ne tient compte que de l'autre tradition rapportée aussi par al-Boukhari: "Allah existait et
rien n'était avant Lui."
Et il rejette le premier hadith en faveur du second parce que le second est en conformité avec un autre: "Tu es le premier; il n'y a rien avant Toi."
Al-Hafiz Ibn Hajar remarque, concernant la manière correcte de réconcilier l'apparente contradiction entre ces hadiths:
"En fait, la façon de réconcilier les deux versions du hadith est de comprendre le second hadith à la lumière du premier et non d'y voir une incompatibilité.
Il y a consensus sur le principe de réconcilier deux versions apparemment contradictoires d'un texte (nass) plutôt que de donner la précellence d'une version sur l'autre."
Les préjugés d'Ibn Taymiyyah ont vraiment aveuglé sa compréhension des deux versions du hadith, qui ne sont pas en réalité contradictoires.
La version "Allah existait et il n'y avait rien avant Lui" correspond à Son Nom Le Premier, alors que la version "Allah existait et il n'y avait rien avec Lui" correspond à Son Nom L'Unique.
La preuve en est qu'il existe une version supplémentaire qui dit "Allah existait avant tout chose".
Un autre exemple de l'audace de Ibn Taymiyyah dans le rejet des hadiths est le suivant:
"Le Messager d'Allah - que la Bénédiction et la Paix de Dieu soient sur lui - a ordonné que les portes qui donnaient sur la mosquée depuis la rue soient condamnées, à l'exception de la porte de
'Ali (qu'il a laissé ouverte)."
Ce hadith est authentique (sahih). Ibn Jawzi s'est trompé en le mentionnant dans sa collection de hadiths forgés, al-Mawdu'at.
Al-Hafiz (Ibn Hajar) l'a corrigé dans son Qawl al-Musaddad:
"Ibn Taymiyyah, à cause de la mauvaise opinion bien connue qu'il avait de 'Ali, ne s'est pas limité à considérer ce hadith comme forgé comme l'a fait Ibn Jawzi, il a prit l'initiative d'en rajouter
en prétendant que les experts du hadith (muhaddithun) le considéraient comme "forgé".
Ibn Taymiyyah a tellement rejeté de hadiths simplement parce qu'ils étaient inconciliables avec ses opinions qu'il est difficile d'en établir la liste complète."
4ème remarque
Admettons, pour rejoindre l'avis d'al-Albani, que l'histoire (de 'Uthman ibn Hunayf) est faible, et que la version de Ibn Abi Khaythamah (qui possède l'ajout "Si tu as un quelconque besoin, agis
comme cela") est défectueuse (mu'allal), comme le prétend Ibn Taymiyyah; le hadith de l'homme aveugle reste suffisant pour prouver la possibilité de recherche l'intercession du Prophète - que la
Bénédiction et la Paix d'Allah soient sur lui -, car le fait que le Prophète - que la Bénédiction et la Paix d'Allah soient sur lui - ait enseigné de rechercher son intercession à cette occasion
suffit pour démontrer qu'elle est possible dans toutes les circonstances.
Il n'est pas permis de considérer la recherche de l'intercession comme une innovation (bid'ah), ni de la limiter seulement au vivant du Prophète.
En réalité, quiconque restreint cette pratique au vivant du Prophète est lui-même un innovateur qui a rejeté un hadith authentique et qui empêche sa mise en oeuvre, ce qui est formellement interdit
(haram).
Al-Albani, qu'Allah le pardonne, est assez téméraire pour abroger un texte, simplement parce qu'il va à l'encontre de ses idées préconçues et de ses conceptions.
Si la recherche de l'intercession était seulement une disposition pour l'homme aveugle, le Prophète - que la Bénédiction et la Paix d'Allah soient sur lui - l'aurait rendu claire, comme il le fit
pour Abu Burdah quand il lui signifia que le sacrifice d'un bélier de deux ans suffirait à remplir ses devoirs, alors que cela ne serait pas suffisant pour d'autres que lui.
Il n'est pas non plus concevable que le Prophète - que la Bénédiction et la Paix d'Allah soient sur lui - n'ait pas pris la peine d'expliquer en détail les règles à ceux qui l'ont suivi, au moment
où ils en avaient besoin.
Un subterfuge et son empêchement
Supposons que quelqu'un affirme qu'il faut restreindre l'application de ce hadith au vivant du Prophète, parce qu'il met en jeu une demande d'aide envers lui.
Nous répondrons que cette objection doit être rejetée parce que de nombreuses transmissions (mutawatir) existent provenant du Prophète qui traitent de l'enseignement du tashhhud, que chacun
prononce durant la prière, et qui contient une demande de paix (salam) sur lui à la forme vocative :
"Que la Paix soit sur toi, ô Prophète !"
C'est la forme qu'Abu Bakr, 'Umar, Ibn Zubair et Mu'awiyah ont enseignée au peuple depuis leur minbar.
C'est devenu ensuite un élément de consensus (ijma') comme Ibn Hazm et Ibn Taymiyyah l'ont rapportée.
Al-Albani, qui est toujours prompt à verser dans l'innovation (ibtida'), s'oppose au consensus et s'obstine à suivre une opinion faible attribuée à Ibn Mas'ud:
"Après sa mort, nous disions "Que la Paix soit sur le Prophète (as-salamu 'ala an-nabiyu)".
Vraiment, aller à l'encontre du hadith et du consensus est l'essence de l'hérésie (ibtida').
De plus, il existe une tradition authentique du Prophète - que la Bénédiction et la Paix de Dieu soient sur lui - qui nous apprend que nos actions sont présentées au Prophète comme les demandes de
paix et de bénédiction sur lui.
Il existe aussi d'autres traditions authentiques au sujet des anges qui voyagent sur la terre pour apporter au Prophète toutes les demandes de Paix et de Bénédiction sur lui que les croyants
formulent pour lui.
Des textes qui font autorité (tawatur) et le consensus (ijma') établissent que le Prophète est vivant dans sa tombe et que son corps béni ne se dégrade pas.
Après tout cela, comment une personne peut-elle déclarer qu'il est illicite de rechercher l'intercession du Prophète ? Est-ce tellement différent que chercher son aide dans le tashahhud ?
Malheureusement, al-Albani est opiniâtre et maladivement obstiné, comme le sont tous les gens qui l'ont suivi (les Albani'ites).
Ma réfutation d'al-Albani s'arrêtera là. En ce qui concerne Hamdi al-Salafi, il n'est pas nécessaire de le réfuter indépendamment car il ne fait que répéter al-Albani.
Il y a une autre chose que je voudrais démontrer ici: on ne peut pas compter sur la fiabilité du jugement d'al-Albani sur l'authenticité ou la faiblesse des hadiths, car il a pour habitude
d'employer tout un arsenal de tactiques de falsification, et il ne dédaigne pas mentir dans ce qu'il rapporte des savants en déformant leurs paroles ou en travestissant le sens de leurs propos.
Il a l'audace de s'opposer au consensus et de réclamer l'abrogation (naskh) de textes sans preuve. Il commet énormément d'excès à cause de son ignorance des principes (du fiqh) et des règles sur
l'inférence et la déduction (istinbat) (des preuves tirées du hadith).
Il affirme qu'il combat les innovations (bid'ah) en interdisant la pratique de l'intercession, en interdisant aux gens d'utiliser le qualificatif "sayyiduna" lorsque l'on mentionne le nom du
Prophète - que la Bénédiction et la Paix de Dieu soient sur lui - , en interdisant de réciter le Quran pour les morts.
En faisant cela, il est le promoteur d'une vraie hérésie qui interdit ce qu'Allah a permis, et il insulte au passage les Asharites et les Soufis.
Dans tout cela, il n'a fait que copier Ibn Taymiyyah qui a dénoncé toutes sortes de gens, en rendant certains mécréants et d'autres hérétiques, et qui a commis ensuite deux sacrilèges parmi les
plus grands jamais commis.
1.- Il affirma que le monde était éternel, ce qui est une innovation qui constitue une mécréance catégorique - nous recherchons refuge en Dieu contre elle -.
2.- Il avait des préjugés envers 'Ali - qu'Allah l'agrée -, qui conduisirent les savants de son époque à l'accuser d'hypocrisie, en raison de la parole que le Prophète dit à 'Ali:
"Personne ne t'aime à part le croyant, personne ne te déteste à part l'hypocrite."
Sans aucun doute, l'animosité que nourrissait Ibn Taymiyyah à l'égard de 'Ali est un châtiment de Dieu. Al-Albani insiste pour appeler Ibn Taymiyyah "Shaikh al-Islam".
Cela m'a toujours étonné qu'il donne ce titre à Ibn Taymiyyah alors qu'il fait montre à plusieurs reprises de croyances anti-islamiques.
Je pense plutôt que si al-Hafiz Ibn Nasir (al-Dimashqi) avait eu connaissance de certaines des idées exécrables professées par Ibn Taymiyyah, il ne l'aurait jamais défendu dans son livre al-Radd
al-Wafir.
Sans aucun doute, quand Ibn Nasir a écrit son livre, il a été induit en erreur par les louanges que certains faisaient d'Ibn Taymiyyah. De la même manière, al-Alusi, le fils du célèbre commentateur
(Mahmud Shukri al-Alusi) qui a écrit un volumineux commentaire du Quran (Ruh al-Ma'ani), n'aurait jamais écrit son livre Jalal al-Aynain, s'il avait connu la réalité des croyances d'Ibn
Taymiyyah.
Les opinions incongrues et hétérodoxes d'al-Albani, résultats de ses recherches individuelles impies, sa tromperie, son absence d'honnêteté dans son classement des hadiths en authentiques ou
faibles selon son bon vouloir, sa déformation des propos de savants et des illustres personnages de l'Islam; tout cela en réalité est un châtiment de Dieu, mais il ne s'en rend pas compte.
Il fait partie de ceux qui pensent faire le bien, alors qu'ils sont dans l'erreur.
Nous demandons à Allah de nous préserver de la maladie dont il a affecté al-Albani, et nous recherchons refuge en Lui contre son mal. Toutes les prières vont à Allah, le Seigneur des Mondes.
Qu'Allah bénisse notre Maître Muhammad et ceux qui l'ont suivi.
Epilogue
La recherche de l'intercession est autorisée selon notre Loi.
C'est un sujet qui fait consensus dans tout le monde musulman,
A l’exception de ceux qui se sont mariés avec la folie, avec l'insolence pour dote.
Leur cœur est de pierre, et les Musulmans méprisent la sottise des Wahhabites,
Qui ont dénoncé et interdit l'intercession, sans aucune raison.
Le cas du hadith de Uthman ibn Hunayf est un précédent valide;
C'est une preuve suffisante pour nous, elle est concluante et claire de toutes controverses.
Qu'Allah les guide pour qu'ils reconnaissent le verdict des textes.
Source : Doctrine malikite
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